La date limite pour l'envoi d'une proposition de session a été reportée au 15 Septembre 2019 English site
     
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Géographies du patrimoine : Politique, usages et gouvernance du passé

Le patrimoine est un mot ambigu, difficile à définir e qui, dans ses multiples significations, apporte avec lui des concepts liés au passé, à la culture, à la mémoire, à la conservation et, aussi malheureusement, aux conflits.
Bien sûr, tout ce qui s'est passé ne peut pas constituer du patrimoine. Le patrimoine est tout simplement ce dont nous voulons nous souvenir et ce dont nous voulons que les autres se souviennent de nous. De cette façon, les souvenirs deviennent du patrimoine, parfois stylisés, et pour la plupart sélectionnés et embellis. Si nous considérons la cuisine traditionnelle comme un patrimoine immatériel, nous ne voulons pas manger tout ce qui a été consommé dans le passé, mais seulement ce que nous croyons digne d'être mangé. En ce qui concerne le patrimoine physique, nous ne célébrons pas les ruelles étroites pleines de boue et d'eaux usées de nos centres urbains historiques, ni l'odeur, mais nous voulons préserver seulement les maisons et leurs murs, comme les coquilles vides d'une vie différente. Si le patrimoine est sélectif, l'une des grandes questions sur le patrimoine est le rôle des médiateurs. On peut avoir un héritage d' " en-bas ", où on a besoin de quelqu'un pour nous aider à comprendre ce qui est important à transmettre à nos enfants au sujet de ce passé. Quelles institutions doivent donc assumer le rôle de création/préservation du patrimoine et à quelle échelle doivent-elles opérer ? Quel est le rôle des géoparcs, des musées et des écomusées, et quelle est la relation entre les activités de conservation, les institutions locales et la société ?
Mais le patrimoine n'est pas seulement sélectif, il peut aussi faire l'objet de controverses, voire de contestations. Il ne s'agit pas seulement d'une question de culture, de conservation et de patrimonialisation. C'est une question de pouvoir. " Celui qui contrôle le passé, contrôle le futur. Celui qui contrôle le présent, contrôle le passé ". Il ne s'agit pas seulement d'une brillante citation de George Orwell tirée de 1984. C'est aussi une façon de souligner le rôle du pouvoir dans la constitution du patrimoine. Parce que celui qui contrôle le présent, contrôle aussi le patrimoine. En raison de sa pertinence politique, le patrimoine peut être construit de manière à promouvoir un message de paix, ou il peut engendrer des sentiments de haine et des revendications de vengeance.
La gestion des lieux controversés de la mémoire et du patrimoine a donc une signification politique importante. Mais les noms géographiques peuvent aussi célébrer un passé que l'on veut imposerou, justement, oublier. Dans certains cas, il existe une double toponymie qui, d'une part, célèbre l'unité de l'État-nation et de la population majoritaire et, de l'autre, rappelle la spécificité culturelle du territoire. Dans d'autres, il y a des noms dans deux ou trois langues différentes. En d'autres lieus encore, le tourisme efface la toponymie traditionnelle et impose la sienne, plus en phase avec l'image heureuse que l'on veut promouvoir.
Pour ces raisons, une conférence thématique sur les "géographies du patrimoine" ouvre un large débat, qui impliquera des voix plurielles que les commissions de l'UGI pourront réunir.

Les sessions et les communications pourraient être consacrées aux sous-thèmes suivants :

1. Gouvernance du patrimoine
2. Patrimoine et urbanisme
3. Raconter le patrimoine
4. Patrimonialisation du patrimoine culturel
5. Patrimoine et TIC
6. Souvenirs des territoires et stratégies éducatives
7. Géopolitique du patrimoine
8. Patrimoine et économie du savoir
9. Patrimoine pour la consommation : touristes et tourisme
10. Patrimoine et toponymie
11. La pensée du midi. Patrimoine et cultures méditerranéennes
12. Dark Heritage (par le bas)